J’aime les marques qui invitent à ralentir, qui ne cherchent pas à se réinventer sans cesse. Celles qui fonctionnent par répétition et réitération, au sein d’univers singuliers en lente expansion. Il y a quelque chose de réconfortant chez ces créateurs qui imposent leur propre rythme, dont les nouveautés sont toujours un peu familières. Ces lookbooks dont on connaît si bien les corps, les visages, les poses et les démarches. Les murs du studio et les lumières. Je ne saurais probablement pas faire la différence entre trois collections hivernales de la marque danoise Mfpen. Et encore moins m’aventurer à énoncer des dates. Mais il suffit pourtant d’un coup d’œil pour reconnaître ce teint blafard, ce long manteau au col cheminée boutonné jusqu’en haut, ce costume qui n’a plus grand-chose à voir avec un costume.

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Mfpen collection printemps/été 2025 (et automne/hiver 2025, aussi)
Et puis, dans cette constance, il y a une forme d’« éthique »—au-delà des matières deadstock qui sauvent le monde un rouleau à la fois, de l’upcycling, du coton prétendument « bio » et des certifications qui font joli sur la fiche produit. Mfpen, tout comme Document, Jan-Jan Van Essche ou Yohji Yamamoto, pense une mode « durable » avant tout par la permanence du vestiaire, par une forme de responsabilité qui est aussi stylistique. Et, en quelque sorte, par l’exemple : une invitation à se créer son propre uniforme. À l’inscrire dans la durée. À porter et reporter ses vêtements. Et à sortir de cette logique mortifère de (micro)influenceur aux fringues jetables, aux tenues à usage unique. Une pièce Mfpen printemps/été 2020 trouve parfaitement sa place dans la collection printemps/été 2025. Et l’on peut espérer que cela soit encore vrai dans cinq ans.
Ci-dessous une sélection de tenues piochées indifféremment, selon mes propres goûts, dans les deux prochaines collections Mfpen. Le lookbook automne/hiver 2025 complet est à retrouver chez eye_C.







