Porter un manteau long et maitriser son budget

Vintage long coat – Engineered Garments interliner – Monoprix sweater – Soulive jeans – Paraboot Chambord shoes

Il s’est passé du temps depuis mon dernier poste, tenir un site à coté de son activité professionnelle n’est pas toujours très simple. Alors quand ton corps te rappelle que parfois les pauses, ça peut être cool, faut aussi savoir l’écouter. Retournons à nos moutons, et une tenue bien “street heritage” pour le comeback. Cet article s’articule autour de deux questions qui reviennent souvent : construire une tenue avec du caractère sans se ruiner et comment porter un manteau long quand l’on n’est pas spécialement grand. Sans te livrer une solution clé en main (elle n’existe pas), tu y trouveras quelques pistes et de quoi travailler ton œil. Et quoi de mieux qu’une tenue pour appuyer des idées ?

Porter un manteau long avec du layering

Il existe une multitude d’articles sur comment porter un manteau long quand on est un homme petit / grand / bien portant  et j’en passe, écrits par mes confrères blogueurs spécialisés en conseil pour homme. Nous n’allons pas revenir dessus, et pour être franc, je ne connais pas les “règles” à suivre. Les “il faut qu’il y ait 2cm de …” me donnent des boutons, et peuvent cristalliser bien des angoisses. En toute transparence, j’ai longtemps été partagé sur le port du manteau / pardessus long. Culminant à 177cm, sans être complexé, je ne trouvais pas cela toujours très heureux.

Et puis les années passent, après pas mal de tests, de Dsquared à Rick owens (je pourrais faire un article “rétrospective” sur 12 ans d’évolution si tu trouves ça pertinent ?), de la curation sur les forums et blogs japonais, … L’œil se fait et les croyances limitantes s’évanouissent. L’approche est peu ou proue la même que celle abordée par Solora dans son article sur le “loose fit“.

Sur cette tenue, on retrouve quelques astuces qui permettent de casser le coté “mono-bloc” du manteau long et éviter de tasser une silhouette. On va parler de layering mais aller plus loin qu’empiler un pull et une écharpe :

  • jeu de couleurs : l’idée est d’éviter un gros bloc d’une couleur, d’autant plus que les pardessus sont souvent navy / noirs / gris. Ici, le gris clair de l’interliner et le vert olive du sweat contrastent avec le bleu marine du manteau. Visuellement, tu as une lecture moins linéaire. Et même fermé, tu gardes une touche de couleur en plus. Dans un style classique, une écharpe peut faire le même job.
  • jeu de longueurs : un bon layering, c’est une superposition de pièces avec différentes longueurs (et volumes dans des styles plus typés). L’idée est d’étager visuellement la silhouette. Amateur de street heritage, j’ai choisi une combinaison “agressive” visuellement avec un interliner Engineered Garments bien court donc plus clivant si tu débutes / n’apprécies pas trop le style. On peut étirer encore plus le buste, avec par exemple un pull plus long et le tee qui dépasse ou encore avec une longue chemise et un gilet (un exemple ici). On peut aussi jouer avec la fourche du jean / pantalon. Ces associations atténuent l’impact d’un manteau qui occupe les 3/4 de la silhouette.
  • jeu de matières : on est plus dans le peaufinage et le détail du passionné, jouer sur les matière va également apporter une touche. Des matières qui se répondent (ici un mélange molleton / laine brute) ou se complètent (différents types de laines) viendront soutenir visuellement le jeu de couleurs avec de la texture et renforcer une lecture moins “mono-bloc”. On peut aussi y ajouter une matière à motif, un vrai plus et qui amène une bonne dose de caractère.

Ces trois facteurs peuvent s’appliquer à différents styles, que tu sois un amateur de casual chic comme de military. La clé réside encore et toujours dans les essayages. Nous avons chacun notre morphologie et ce n’est pas qu’une histoire de centimètres (sans mauvais jeu de mot) donc éduquer son œil et tenter des choses est la voie du salut. Qu’on soit un novice ou non d’ailleurs. Moi le premier, je me plante encore souvent, je modélise des tenues dans ma tête, et quand je reçois la pièce, la passe, fais mon association, je me regarde dans la glace et là … M**** c’est naze ! Alors je teste autre chose, parfois je la laisse de coté et y reviens plus tard. Tu connais l’adage, c’est en forgeant qu’on devient forgeron 😉

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Engineered Garments wool grey hooded interliner – FW 2017

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Paraboot vintage et denim street heritage

Ce n’est pas un conseil que l’on peut dresser comme une règle tant il est subjectif, mais tu peux garder à l’esprit que si tu as peur d’être avalé par ton manteau long, porter un jeans un peu loose, bien délavé / rapiécé, peut être une bonne idée. On tombe dans le street heritage pur ou encore le vintage wear bien mis en avant récemment par Gauthier et son crew dans le magazine L’étiquette (que je n’ai toujours pas reçu d’ailleurs !). Il faut bien sûr aimer, il reste indéniable que ce genre de dégaine permet plus d’approximations dans le fit, et c’est franchement un bonheur au quotidien.

Si tu souhaites voir plus de photos de mon denim Soulive, tu peux checker cet article sorti au printemps. Hasard mais tu y trouveras d’autres inspirations sur le layering.

Aux pieds, un classique de la chaussure française avec une paire de Chambord, un modèle historique de la maison française Paraboot. Ce sont des vintage, je ne suis pas calé sur la marque mais qu’elles aient plus de 20 ans ne m’étonnerait pas. Elles n’ont pas encore été restaurées, honte à moi, je les porte essentiellement les jours de pluie où leur aspect tout-terrain est un vrai plus. Il va falloir s’atteler à leur redonner leur éclat d’antan.

Et petite anecdote, en cherchant d’où venait mes chaussettes en laine, je suis retombé sur l’article où je faisais un clin d’œil à la marque qui me les avait offertes. C’était il y a 4 ans et elles sont toujours en vie ! Comme quoi, il existe de bonnes petites affaires même dans des labels à première vue un peu “cheap”.

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Comment porter une paire de Paraboot chambord vintage
Soulive Bluxe tapered handmade repaired jeans – selvedge denim – mixed patchwork

Comment porter une paire de Paraboot chambord vintage

Comment porter une paire de Paraboot chambord vintage
Paraboot Chambord shoes – brown vintage

Petit budget et style racé ne sont pas incompatibles

Et c’est même souvent l’inverse. Quand je me balade dans Paris, les dégaines qui me plaisent le plus sont celles de mecs ou nanas dont les tenues sont souvent un mix de fast-fashion et de friperie avec un zeste de tendance dans le feeling. Les plus créatifs ne sont pas forcément les plus friqués, il y a souvent pas mal d’étudiants et ça peut être une bonne source d’inspiration. Et on ne les retrouve pas sur Instagram, le hashtags de ralliement n’existe pas (et ne les intéresserait probablement pas).

J’en reviens à la tenue, qui malgré les labels, n’est pas “hors de prix” (on se comprend) et peut assez facilement être reproduite. En cherchant un peu et en réapprenant à “prendre le temps de”.

Le manteau est une pièce vintage laine et cashmere acheté 45e en brocante, plutôt cool vu les finitions et le poids de la bête. Pour quelques dizaines d’euros en plus, tu pourras aussi trouver ce type de pièce. Tu ferras du bien à ton porte-feuille et accessoirement fera un geste pour l’écologie plus fort qu’acheter une énième pièce neuve d’une marque émergente dont les arguments sont plus marketing qu’autre chose.

Le sweat vient de Monoprix, j’en avais parlé dans un article seconde lecture, il a fini en fin de soldes à 10 ou 15e. Garde toujours un œil sur ces grandes enseignes (GAP, Uniqlo ou même H&M). Et promis, je fais le max pour refaire un nouveau poste avant les soldes de janvier.

Le jean est un Soulive donc un label japonais hors de prix une fois arrivé dans nos contrées, après un coucou de la douane française. C’est un plaisir de passionné mais rien ne t’oblige de te ruiner. Un jeans washed Uniqlo ferait tout aussi bien l’affaire si tu n’as pas le budget. Tu peux aussi tester la seconde main, et dénicher un A.P.C ou Edwin déjà délavé par exemple. Et parce qu’il est toujours bon de se faire un peu de pub, tu peux retrouver des denims HDG à prix doux sur mon vide-dressing.

Les Paraboot, comme dit plus haut, est une paire vintage et il y en a pléthore sur le net, dans tous les états. En cherchant un peu, tu peux en dénicher une pour une cinquantaine d’euros, pas trop éclatée, qui peut être un bon début pour tester. Si tu as les moyens, t’offrir une belle paire en magasin est aussi une bonne idée. Paraboot, c’est français, fait en France, je trouve cela bien de les soutenir. D’autant plus qu’il y a vraiment des modèles dingues chaque saison. Je ne sais pas si c’est l’influence de son succès au Japon qui joue sur la créativité, c’est en tout cas rassurant de voir des labels français exceller comme cela. Et c’est un Boras frustré de ne jamais avoir pu collaborer avec eux qui te fait leur éloge !

Reste le hooded interliner de Engineered Garments … là, beaucoup me diront “oh mec, presque 200e pour ça, faut pas déconner” et je vous comprends les gars. Il y a des labels dont les pièces vont au-delà d’un rapport Q/P “froid”, où la créativité et la prise de risque doivent être aussi mises dans l’équation. On approche tout simplement du péage du cheminement de la sape où les non passionnés / débutants / petits budgets vont prendre la prochaine sortie. Ce n’est ni bien ni mal, chacun son rapport aux vêtements. C’est un sujet que j’aimerais aborder plus en détail mais qui reste difficile à appréhender tant il laisse place à l’imaginaire et l’irrationnel. Certains vêtements se paient et dans un vestiaire, tu peux aller chercher un ou deux pièces fortes, lâcher un peu plus de budget, et amener un vrai “boost” à tes tenues. Au passage, l’interliner a été acheté l’hiver dernier chez le shop français The Next Door, toujours une super sélection et arrangeant, à garder dans ses favoris.

Ce qui faut retenir, c’est qu’avec du temps et du feeling, tu peux faire sauter des barrières qu’on pense budgétaires quand on l’on amorce un travail sur son style.

Si tu n’as pas lu et dois juste retenir l’essentiel

Parce que je pense aussi à ceux d’entre-vous dont la lecture est devenue une plaie, et qui n’ont regardé que les images (c’est déjà un bon point pour faire son œil), les grandes lignes :

Porter un manteau long est possible pour tout le monde, voici des pistes:

  • jouer avec le layering (couleurs / matières / longueurs et volumes)
  • éduquer son œil et tester
  • faire attention à la longueurs des manches
  • porter un jean / pantalon avec une bonne fourche
  • porter un jean un peu loose avec du vécu (facultatif)

Avoir un style racé avec un petit budget est possible pour tout le monde, voici des pistes :

  • éduquer son œil et regarder le style des gens
  • être patient et chercher en seconde main / friperie
  • apprendre à piocher dans le fast-fashion
  • investir sur quelques pièces fortes
  • tester encore et toujours

Et au-dessus de tout cela, prendre le temps, c’est un processus en constante évolution.

Comme toujours, n’hésite pas à me faire des retours sur la tenue, l’article, une info qui te manque ou simplement ce que tu aurais aimé voir être abordé, je suis là pour ça 😉

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Engineered hooded interliner with a long navy wool coat