Des marques françaises, dites DNVB, apparues sur la dernière décennie, Hast a peut-être la trajectoire la plus surprenante. Du moins, celle sur laquelle je n’aurais pas forcément misé si on m’avait dit que l’on pourrait travailler ensemble un jour. La collection de cet hiver est assez révélatrice de cette évolution plus mode d’une partie de son vestiaire. Je te propose d’en discuter autour de photos et de tenues.
disclaimer: cela fait quelque temps qu’avec Samy, cofondateur, on a bien sympathisé et évoqué l’idée de bosser ensemble. Hast a pu financer quelques vidéos sur Instagram et je lui ai proposé un billet sur le blog. C’est bien aussi d’avoir plus le temps et aller plus loin qu’un hook accrocheur et une série de bonnes punchlines!

Une évolution cohérente et réfléchie
Avant d’entrer dans le vif du sujet et te présenter les pièces que j’ai choisies de styliser, rappelons d’où part Hast.

Et très honnêtement, ce n’est pas une marque que j’ai suivi à ses débuts pour une raison simple: je n’étais pas la cible. Elle s’est lancée en tant qu’alternative de qualité à l’entrée de gamme du vestiaire « de bureau », comme j’aime à l’appeler.
Chemises, costumes et tout ce dont on a besoin pour tenir son poste dans les métiers qui imposent un dress code (banquier comme vigile). Ou encore un vestiaire casual lisse et discret. Et ce, avec une confection européenne et des matières naturelles.

C’est l’image que j’en ai gardé, et tout ce qui peut éloigner une âme de Devred, Celio ou Jules, je respecte!
Puis la marque a développé peu à peu un vestiaire casual, sans tourner le dos à son ADN. Hast a simplement ajouté une corde à son arc, patiemment, sans bruler les étapes.

Alors maintenant qu’on a rappelé tout ça, voyons voir ce qui peut nous intéresser dans cette collection FW25.
4 pièces Hast qui m’ont tapé dans l’oeil
Pour Instagram, on s’était mis d’accords pour une vidéo où l’idée était de proposer des pièces sympas à offrir à un homme pour noël. Sans pour autant tomber dans le basique. Je voulais montrer qu’en choisissant bien, on pouvait booster des tenues classiques:
Là pour ce billet, j’ai gardé ce que je pense être des propositions qui trouveront leur place au-delà de tenues simples. Des pièces que l’on peut considérer comme fortes, ou du moins qui tiennent le regard de marques plus pointues. Pour au final, donner des tenues cohérentes et sympas!
Une chemise oxford qui se rêvait chambray
Choisie dans ma vidéo pour être une alternative à la chemise bleue basique, elle m’a vraiment plu même pour moi.

On parle d’une chemise à moins de 100e qui a ce petit quelque chose en plus pour pimenter une tenue. Bien que l’on soit sur un site où l’on valorise les marques de niche, l’exceptionnel et donc le couteux, il est bien aussi de ne pas s’enfermer.

Est-ce que l’on a toujours besoin d’avoir le meilleur coton du monde, la confection artisanale et l’ultra exclusivité d’un vêtement inaccessible pour se sentir bien dans son style?
Je ne pense pas, néanmoins ça fera un bon débat pour notre émission We Talk Sape.

Cette chemise, je la mets dans la case des bonnes pioches de marque du milieu de gamme. Le tissu est vraiment doux, ce qu’il faut de texturé, avec une nuance peu commune de bleu.
Au final, une chemise oxford à la douceur d’une flanelle et un trompe-œil de chambray, ça mérite quelques lignes ici.




Un gilet en laine à double zip pour du layering raffiné
Cet adjectif, ce n’est pas avec ma tenue qu’il sera le mieux illustré mais il l’est. Ce gilet, on peut facilement l’imaginer dans des tenues « campagnes anglaises ». Ce coté rustique mais chic, magnifié dans l’imaginaire de marque de Barbour par exemple.

Comme tu n’as pas besoin de moi pour le transposer dans ce registre, je suis resté dans le mien. Tout en proposant une sorte de lecture street heritage.

En effet, pour accompagner ce gilet Hast, j’ai choisi un pantalon en velours bien large, une pull bien texturé et une paire de chaussures rappelant la montagne. Tu remplaces tout par un pull shetland, un velours à pinces droit et des brogues wingtips, tu gardes les mêmes couleurs, et tu as ta tenue « british country » comme évoquée plus haut.

C’est une pièce qui se combinera plutôt bien avec une veste Barbour. Et ça me fait une transition facile pour la prochaine pièce.




Une veste de chasse revisité, courte et toujours en coton ciré
Toujours inspirée du vestiaire classique britannique, cette veste est un clin d’œil évident à l’esthétique Barbour. Cette dernière décennie a vu revenir, depuis le Japon, les modèles plus courts.

Cette pièce s’inscrit dans cette mouvance du vêtement de pluie en coton ciré, limite, cropped.
Imperméabilité obtenue donc grâce à sa toile enduite de l’historique maison Halley Stevensons, c’est aussi un marqueur stylistique. Grain de couleur, texture, ça ne demande qu’à se patiner.




À noter que ça taille normalement, mais j’aurais préféré un taille de plus si elle avait été disponible en magasin, pour équilibrer les volumes du pantalon et le sweatshirt Borali.
Il existe aussi une version plus longue, type balmacaan.




Mon coup de coeur Hast de la saison: pull à col polo oversize
Allez oui je lâche le mot oversize. Bien que je le toruve souvent utilisé à tire-larigot dès qu’un vêtement n’est pas ajusté, il fait sens ici.

Je le porte en taille L et il me va vraiment bien large, même le M aurait pu suffire.
L’épaule tombante, tombe franchement. L’aisance aux aisselles est une régalade et le rendu global de la pièce est surprenant venant d’Hast.

En plus, c’est un 100% laine mérinos, qui a du gonflant dans son tricotage, son confort est redoutable. Il n’est pas s’en rappeler le cardigan confort Drapeau Noir dans la sensation, en plus doux encore du fait de sa laine.

Et puis niveau style, il y a de quoi s’amuser, bravo l’équipe! Avoir une ou deux pièces comme ça dans une collection, ça ne trahit pas leur ADN, tout en offrant un peu d’exotisme coupalistique à sa clientèle plus aventureuse.




Et une version plus « habilléé » dans cette vidéo:
Basique vs tendance, un peu des 2 monsieur
Pour recroiser l’introduction de ce billet, est-ce que Hast a su prendre de la bonne façon le virage d’une collection plus mode? Chacun aura sa réponse.
J’ai envie de dire oui.
Alors bien sûr, oublions les marques de niche ultra haut de gamme un moment, rappelons-nous que ne peut pas tous dépenser autant d’argent et apprécions le niveau global qui augmente dans le menswear français. Et que ça ouvre indirectement les portes d’un monde plus étendu pour de futurs curieux.
Parce que, en faisant un peu l’ancien, il y a 10 ans, ça ressemblait quand même pas à grand chose le paysage casual français. Si des marques comme Hast peuvent gratter quelques parts de marché à des Sandro, The Kooples, Hilfiger & co, quel passionné de vêtement, non élitiste, pourrait ne pas trouver que c’est une bonne chose?
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