LaneFortyFive – Une marque qui invite aux voyages …

Extrait du « lookbook » de la collection « Come again » … les images oniriques qui m’ont fait découvrir l’univers de la marque.

J’aime voyager.
C’est désormais évidemment bien plus compliqué.

J’ai aussi toujours été sensible à la mode anglo-saxonne : de belles matières et un savoir faire classique agrémenté de détails flegmatiques qui viennent twister un ensemble subtilement sage mais affirmé.

Je ne suis pas l’homme d’une marque. J’ai toujours exécré le fanatisme aveugle qui, le plus souvent, empêche le propos critique. Alors oui, j’ai bien quelques bastions où me réfugier pour être sûr de mes choix sur des marques que je maîtrise depuis longtemps, sur des basiques, éprouvés. Mais la prise de risque est limitée, comme l’identité finalement.

Cantonné sur le vieux continent, l’hiver dernier, j’ai dû chercher un nouveau pantalon, comme je l’ai expliqué dans le cahier de style (Tout mettre dans le pantalon ?).
Et c’est là, pris par cette sensibilité à fleur de peaux que transmet la marque, résonnant sans doute avec mon désarroi face à l’enfermement, que je me suis fait happer sans m’en rendre compte … enfin sans lutter plutôt.

J’ai découvert LaneFortyFive.

Extrait du « lookbook » de la collection « Procrastinate, We ». Des images de silhouette esseulées au milieu des arbres. Cela peut être ici ou partout. Tanmay, en pleine pandémie, a shooté cette collection en Inde, son pays d’origine.

Un univers tout en sensibilité, poésie, mélancolie.

Une manière de concevoir, de me permettre d’accéder à un champ des possibles, à une qualité, une éthique et une idéologie, au-delà même d’une esthétique et d’un propos stylistique.

Collection « Procrastinate, We ».

MA PREMIERE EXPERIENCE L45

Pour être franc, à la découverte de la marque, je me suis pris une mandale (d’une force !) qui m’a dévissé la tête !

L’univers onirique et éthéré parle à la sensibilité artistique qui m’anime. C’est beau, c’est singulier, affirmé … mais comment vais-je être « reçu » en m’adressant à une telle montagne de charisme ?

Issues de la collection « Come again », les deux premières images que notre amis Gilead du forum me jette au visage sont celles-ci. J’y entre-aperçoit des volumes des tenues typique de l’Inde dans des matières typiquement Anglaise. Ma tête fait « Tilt ! ».

UN PROPOS STYLISTIQUE AFFIRME MAIS UNE PROPOSITION ADAPTEE

Je tente … ça serait dommage de ne pas tenter de passer outre et de chatouiller ce qui me parle tant.
Je fouine et farfouille le site … non conventionnel.
Pas de sizing chart, pas de look book, des vidéos et des images dans tous les sens, des descriptions énigmatiques voir désuètes, bien que la promesse soit belle.

La dernière collection SS/21 intitulée « Saat » fait la part belle à la fluidité … et au Lin.

J’étudie le site, les possibilités, tente de comprendre.
La marque ne se donne pas.
Elle semble fonctionner comme fonctionne une réelle relation humaine : il faut faire un pas vers l’autre. Se rencontrer.
Qu’ai-je à perdre que de tenter alors ?
Je décide alors de les contacter, via Instagram.

Le voile sur les images brumeuses du site se lève. Je suis accueilli remarquablement par une petite équipe qui m’aide à faire le premier pas. C’est facile et naturel. On échange sur les coupes, les dimensions, les matières, je reçois des Jpeg et des visuels de tissus. Je donne ma morphologie et on me conseille.
Je suis en confiance, une confiance aveugle puisque, à raison, je me remet entre leurs mains.

La firme propose du MTO (Make to Order). Rien n’est produit à l’avance. Cela permet « d’offrir », sans modification de prix, des adaptations de mesures et une variété de tissus qui va au-delà de ce que laisse à montrer le site. Finalement, les possibilités sont démultipliées.

ACCOMPAGNE TOUT AU LONG DU PROCESSUS POUR FAIRE SES/DES CHOIX

L’étape suivante ? Une fois tout checké, je valide ma commande sur le site en demandant le sizing sur-mesure.
Ils font le lien direct entre le « moi client du site » et le « moi d’Instagram ». Belle communication chez eux en interne. Emily, ma contacte privilégiée, me dit qu’ils sont 3 à gérer le compte Insta. Le relai est efficace puisque je ne décèle parfois même plus qui est virtuellement en face de moi. Les modifications que j’ai demandées sont transmises au tailleur. Emily m’annonce un délai de 2,5 semaines de fabrication.
En plein Brexit, ma crainte est la livraison. Comme à chacune de mes questions, l’équipe me rassure ; je ne paierais dans tous les cas qu’une seule fois les taxes, quoi qu’il arrive, et le canal de livraison qu’ils utilisent semble peu impacté en termes de délais.

Alors ? … et bien le délai de fabrication est respecté, mon colis livré en moins d’une semaine, pas de taxe … tout a été anticipé de manière Royale en 3 à 3,5 semaines de la commande à la réception.

Colis soigné : enveloppe kraft épaisse, boite en kraft également, papier de soie, … packaging 100 % recyclé, avec juste ce qu’il faut, sans superflu ni manque. Pile dans la ligne défendue et qu’on attend suite au discours développé sur le site.

Aurais-je perdu cette satanée objectivité que j’aime tant ?
Oui, il est probable qu’à ce stade, je ne sois plus très lucide. En tout cas, j’ai le sentiment de toucher quelque chose avec cette marque et cet univers que je cherchais depuis quelques temps désormais et qui correspond à « mon moi ».

UNE MARQUE CONFIDENTIELLE

J’enfile tout ça.

Sur le premier OOTD (Outfit Of The Day), j’ai des retours bien plus importants que d’habitude. Beaucoup semblent intrigués par cette marque “spéciale” qu’ils ont suivi et vu murir et grandir, tranquillement et en s’affirmant. Finalement, peu auront semble-t-il passé le cap avant moi dans ce petit entourage. C’est même sur cette base que Boris me lance l’idée d’écrire cet article et me lance la proposition d’interview de la marque.

L’idée germe, et ça tombe bien … je suis toujours en contact avec eux (Hum hum !). Je leur glisse au détour d’une de nos conversations l’idée de faire un article sur L45. Ça n’aura pas mis plus de temps pour me répondre « OK » que ce qu’ils ne mettent à répondre aux questions des clients.

Emily me met directement en contact avec Tan. Accessible, avenant ; tout se passera naturellement comme si une relation avec des amis que l’on a pas vu depuis longtemps qui se retrouvent pour boire un verre.

INTERVIEW AVEC TANMAY SAXENA

Tanmay a grandi en Inde. Il est arrivé en Angleterre en 2007, à 25 ans. Initialement se destinant à une carrière de Business Analyst dans le quartier de la City, grâce à des vidéos et des livres, il apprend seul la couture et se fais sa culture des tissus.
En 2016, Tanmay crée L45 et décide qu’il s’agira d’une marque éco-responsable avec des vêtements faits à la main.

Nota : alors attention … l’interview en Français est une traduction, qui plus est, MA traduction. Autant vous dire que ça va être sans doute approximatif (au mieux) et bourré de fautes (sans doute aussi). Donc, pour le plus grand respect de tous, et surtout de Tan, vous pouvez le retrouver ici.

LaneFortyFive : présentation, origines & influences

+ Tanemay, en quelques mots, peux-tu te présenter ?

Tanmay Saxena, je suis designer, photographe, cinéaste et accro à la rêverie.

https://tanmaysaxena.uk/ )

+ Quelle est la signification, le sens, de « Lane Forty Five » ?

Eh bien, si la question est quelle est la signification du nom de la marque, alors l’histoire de départ ressemble à ça :

Alors que j’essayais encore de trouver un nom pour la marque en 2016, je me suis blessé au dos et je me suis démis les disques lombaires 4 et 5. C’était une période pour le moins frustrante d’être alitée étant donné que j’ai toujours été actif et sportif. Mais cela m’a aussi donné le temps de travailler sur le développement de la marque et de faire le travail de fond. Pour la marque, j’ai toujours eu en tête l’image de 4 à 5 hommes et femmes, debout dans une ruelle vide, regardant la caméra et posant pour une photo. Cette image représentait la marque dans ma tête à cette époque. Une ligne a généralement un numéro ou un nom. Et comme j’avais toutes ces visions et concepts, parce que j’avais du temps libre à cause de la blessure de mes disques lombaires 4 et 5, j’ai retenu L4, 5 et j’ai appelé la marque Lane45 – LaneFortyfive.

+ Comment décrirais-tu L45 à une personne qui ne connais pas la marque ?

Une marque de vêtements poétique, conceptuelle et scénarisée.

+ Tu as toujours voulu faire des vêtements ? Quel est ton parcours ?

Pas vraiment. J’ai étudié la finance et l’informatique à l’université mais je ne l’ai jamais aimé ni même apprécié. Je ne savais pas quoi faire dans la vie, mais j’ai quand même commencé à travailler en tant qu’analyste commercial à Londres en 2007 et j’ai continué à le faire jusqu’à il y a 4-5 ans.

+ La marque existe depuis 2016, mais j’imagine que ce n’est pas arrivé en un claquement de doigts. Peux-tu nous expliquer le parcours qui a permis de faire naitre L45 ?

Comme je l’ai mentionné, j’avais un travail de bureau pour lequel je ne ressentais rien, mais je l’ai fait juste pour continuer à avancer. Je pense que j’étais créatif depuis l’enfance, mais cela n’a pas trouvé de débouché significatif et durable. Tout en travaillant à Londres, j’ai commencé à visiter divers marchés aux puces et à vendre ma collection personnelle d’objets de collection vintage. C’est ici que j’ai rencontré pour la première fois des personnes ayant une formation artistique et une sensibilité créative. Je crois que c’est là que les graines ont été semées lorsque je suis tombé sur cette personne et j’ai trouvé non seulement mon style vestimentaire, mais je me suis aussi retrouvé d’une certaine manière (je suis tout à fait conscient que cela semble ringard, mais c’est vrai). J’ai ensuite réalisé qu’il n’était pas facile pour moi de trouver des vêtements que j’aime et avec les détails les plus fins que j’aime. J’ai donc appris par moi-même les bases de la coupe de patrons et de la couture et j’ai commencé à jouer avec la conception de vêtements.

+ Quel est ton rapport à ce qui est l’industrie du vêtement en général et comment positionnes-tu L45 dans cet univers ?

L’industrie, comme toute autre industrie à grande échelle, est principalement basée sur les principes de la gestion d’une entreprise et sur l’argent. C’est là que je pense que les petites entreprises et les marques ont brisé le moule ces dernières années et ont adopté la philosophie de trouver la joie non seulement en gagnant de l’argent, mais aussi en faisant les choses correctement et de manière consciente. Je me sens respecter ce choix naturel, et c’est là que LaneFortyfive s’intègre.

+ Tu développes autour de L45 un univers de poésie, de dessins, de photos et de vidéos éthérées et oniriques … te sens tu plus créateur de vêtements ou artiste ?

Je pense tout simplement que c’est une combinaison des deux.

Collection « Procrastinate, We ».
TanMay shoote lui-même toute les collections, imprimant ainsi sa touche sur l’ensemble de la Direction Artistique de la marque.
Il produit également quelques courtes vidéos de présentation des collections. Sur son Instagram personnel, on peut y retrouver ses photos de paysages, ses sensibilités musicales, mais aussi ses dessins.

+ As-tu une autre activité en dehors de L45 ?

Le cinéma et les films me fascinent. Ces jours-ci, je lis beaucoup sur l’astrophysique et l’univers. J’écris actuellement un scénario pour un court métrage que j’ai l’intention de tourner plus tard cette année.

+ Tu as dit que « notre humeur et nos sentiments influencent ce que nous portons ». Comment tes humeurs et tes sentiments influencent ta création ? As-tu besoin d’être dans un état particulier pour créer ?

Je pense que ça marche comme ça. Comme vous le savez, nos sens s’inspirent de notre environnement et cela alimente notre créativité et il en va de même lorsque je crée de nouveaux designs.

+ Quelles sont tes influences ? … que ce soit d’autres marques que tu pourrais apprécier, des artistes, des lieux, etc …

La musique est une énorme influence et suscite vraiment de nouvelles idées pour moi. Elle peint essentiellement des images mentales, des scènes et des histoires sur lesquelles je me base pour créer davantage. Idem pour les films que je regarde. J’adore “psychanalyser” des personnages dans des films que j’aime beaucoup, et cela en soi me donne plein d’idées.

Le processus créatif de L45

+ As-tu une sorte de rituel, un processus dans lequel tu dois te mettre pour créer ou est-ce plutôt un processus libre ?

Je pense que c’est plus un processus libre pour moi. Je crois que je suis assez observateur et j’absorbe et retiens toujours les expériences, les points de vues et les nuances qui m’aident consciemment ou inconsciemment à créer.

+ Cet univers artistique est-il le point de départ de ta création de vêtements ou à l’inverse, c’est parce que tu fais des vêtements que tu éprouves le besoin de mettre tes créations dans un espace dans lequel tu les imagines ?

Oui, pour moi, vient d’abord l’imagerie, puis cela régit l’ambiance ou l’histoire de la collection, d’où en découle ensuite les dessins.

+ Je crois que la pandémie est survenue lorsque tu étais en Inde pour le shooting de la collection « Procrastinate, we ». Comment as-tu vécu l’isolement du confinement et est-ce que cela a eu un impact sur les collections suivantes ?

C’était étrange et inhabituel sans aucun doute. Quelque chose qu’aucun de nous n’a ressenti auparavant. Je me sentais créativement mis au défi et dépourvu d’idées pendant un certain temps. Ou peut-être a-t-il rompu une séquence habituelle et généré de nouvelles idées stimulantes.
Cela a en quelque sorte été canalisé au travers de la prochaine collection « come again ». L’imagerie, les designs et l’histoire derrière cette collection ont été énormément influencés par ce que j’ai pu vivre en tant qu’individu.

+ Je suis venu vers L45 pour le mélange entre les textures, matières et savoir-faire anglais … mais aussi et surtout pour cette esthétique de ton pays d’origine, l’Inde, que j’ai ressenti dans tes créations. Te sens-tu chez toi désormais plus à un endroit qu’à un autre ? Quel rapport as-tu à l’Inde désormais et pourquoi avoir choisi Londres pour installer L45 ?

Mon déménagement au Royaume-Uni/Londres s’est fait par hasard et ne faisait pas partie des plans. C’est un évènement qui a complètement bouleversé ma vie et fait ressortir un côté de ma personne dont je ne savais pas qu’il existait, ou qu’il existait avec une telle virilité. J’ai passé toute ma vie en Inde jusqu’à mes 25 ans, cela a façonné mes années de formation. C’est une société et une culture complètement différentes des autres à bien des égards. Après avoir déménagé à Londres, il m’a fallu un certain temps pour m’en rendre compte.

C’est un peu comme sortir de sa propre maison pour la première fois et la regarder de l’extérieur, regarder les murs, les couleurs, la conception de celle-ci et la comprendre d’un point de vue neutre ou extérieur. Ce parcours a été extrêmement bénéfique pour moi du point de vue du développement personnel, ce qui a sûrement aussi lancé ma carrière créative.


Je me sens chez moi à Londres. Mais quand je retourne en Inde, j’explore l’endroit avec un nouveau regard à chaque fois et je trouve cela révélateur et parfois même comme une exposition.

L45 : Brexit, environnement et approche de la “production”

+ Es-tu satisfait de la place que prend L45 dans le paysage actuel ?

Satisfait, oui, mais cette satisfaction que j’ai trouvée est de courte durée. Après avoir créé quelque chose de nouveau et que tout le monde peut le voir et l’expérimenter, je passe assez rapidement à la création de quelque chose d’autre. En tant que personne, je sens que j’évolue toujours à un rythme assez rapide, ce qui affecte également LaneFortyfive. Je ne peux pas me dissocier de la marque car tout est lié.

+ Est-ce que le Brexit est un frein pour vous qui défendez une production « raisonnée » exclusivement réalisée à la main en Angleterre ?

Je pense que la logique derrière le Brexit était imparfaite et servait les intérêts de ceux qui en ont propagé l’idée. Cela semblait être un moyen trop politiquement influencé de résoudre les problèmes qui ont maintenant affecté les petites entreprises et les gens ordinaires, y compris moi et LaneFortyfive.


Produire en Angleterre consiste uniquement à maintenir les coûts environnementaux aussi bas que possible. Si à l’avenir je conçois une collection dont une partie doit être produite sur un autre continent, qu’il en soit ainsi. Mais nous le faisons en trouvant des moyens d’en annuler les effets sur l’environnement.

+ Vous proposez un grand nombre de possibilités, que ce soit en termes de sizing, de sur-mesure, de choix de matières. Quelles mécaniques cela induit dans votre manière de produire et pour vous adapter ?

Je pense que c’est plus facile pour nous en tant que marque et pour le client. Cela donne au client la liberté de choix et d’expression, et pour nous en tant que marque, cela permet de fonctionner d’autant plus durablement.

+ L’environnement tiens une part importante dans votre démarche. Votre sourcing doit être drastique. Comment sélectionnez-vous vos partenaires et fournisseurs ?

Travailler en local est une priorité. Si ce n’est pas local, nous essayons d’éviter de fabriquer de nouveaux tissus. Nous préférons acheter des tissus à partir de stocks excédentaires si cela convient à nos besoins. Ensuite, la philosophie opérationnelle et émotionnelle de base doit correspondre entre nous et les partenaires. Mais j’ai réalisé que naturellement, il est plus probable qu’improbable que nous approchions ou que nous soyons approchés uniquement par des personnes ayant les mêmes valeurs maintenant que nous le faisons depuis un certain temps et qu’il est plus facile de voir ce que nous défendons.

+ Quand je suis venu vers vous, j’ai été dérouté par l’absence de guide de tailles et de sizing chart sur vos produits. Puis je me suis rendu compte que vous privilégiez le contact avec le client et le sur-mesure. Cela pourrait être perçu comme un frein pour certains clients. Pourquoi cette volonté ?

Mis à part un guide des tailles pour aider les clients à comprendre la différence entre les normes de taille des différents pays, oui, il n’y a plus de guide de taille disponible, tel que les mesures précises d’un vêtement lorsqu’il est posé à plat. Je ne dis pas que cela peut ne pas être utile, mais cela me semble trop simpliste et prêt à l’emploi. Si quelqu’un est trop pressé pour ne pas nous demander s’il a besoin d’aide avant de passer commande, il se peut que nous ne soyons pas la bonne marque à laquelle s’associer de toute façon.

Nous préférons que les gens achètent chez nous car ils veulent acheter bien et acheter moins, et cela vaut la peine de dépenser et d’investir un peu de temps et d’efforts.

LaneFortyFive : collections unisexes et collaborations

+ Les collections sont unisexes. Est-ce que ce choix est une contrainte ou alors est-ce générateur de créativité ? Y a-t-il également une autre volonté sociétale derrière ? D’où vient cette volonté ?

Je pense que c’est un petit moyen mais efficace de promouvoir l’égalité des sexes, et en même temps, de ne pas restreindre la créativité en arrêtant le résultat final dans les limites d’un genre spécifique. Si un chef cuisinier ou un peintre ou un musicien ou un cinéaste crée son art quel que soit le sexe de la personne qui va l’apprécier et le consommer, pourquoi devrais-je me priver de cette merveilleuse liberté.
Venant d’Inde, j’ai vu de près le problème que les inégalités engendrent. Et être capable de faire quelque chose à ma façon est gratifiant.

+ Vous collaborez avec « Studio Kettle » (https://www.studiokettle.co.uk/ ) pour une collection de chapeaux. Comment vous est venu cette collaboration ?

Je connais Alex au Studio Kettle depuis un certain temps et j’ai toujours apprécié leur compétence et leur dextérité. J’ai moi-même commencé à porter des chapeaux il y a quelques années et je pouvais donc les apprécier personnellement. Alors, quand il s’agissait de sortir nos propres chapeaux, Studio Kettle m’est venu à l’esprit.

+ Envisagez-vous d’autres collaborations ?

Aucun pour l’instant.

+ Comment imagines-tu l’avenir de la marque ? Quels seraient tes souhaits ?

J’aimerais jouer avec différents tissus et silhouettes. Je résiste à l’idée de parler de l’avenir maintenant depuis que la pandémie s’est produite, alors je suis simplement content de faire les choses dans le présent et tout au plus de ne planifier que jusqu’aux deux prochains mois. Étonnamment, je pense que cette stratégie élimine considérablement le stress de l’équation.

+ Peux-tu nous dire un peu quelles sont les prochaines actualités ? Je crois avoir lu que tu travaillais sur une dizaine de projets …

Haha, pas sûr d’une douzaine, mais sûrement 3-4.
Un peu de travail autour de vestes en toile cirée, une collection de tissus imprimés en bloc, un peu de velours et quelques autres idées dont je ne peux pas trop parler pour le moment.

(Ndr : l’interview datant du printemps 2021 et la diffusion en Septembre, un certain nombre de ces pièces évoquées sont donc déjà sorties récemment)

+ Quelle est la pièce ou la tenue emblématique pour toi qui représente L45 ? Peux-tu nous la présenter en images et nous décrire ce pourquoi elle vous représente le mieux selon toi ?

Ci-joint (photo). Je trouve vraiment ça bien. Je pense que je vais m’en faire un.

Cette tenue est issue de la dernière collection « Saat »

+ Souhaites-tu, pour finir, ajouter un mot librement pour conclure ?

Rien ne me vient vraiment à l’esprit en ce qui concerne les mots pour conclure.
J’allais suggérer, pourquoi n’ajoutez-vous pas vos commentaires ou points de vue sur la marque à la fin pour couronner le tout de l’interview ?

Hâte de le voir sortir !

ET ALORS … CA DONNE QUOI EN VRAI ?

Bon … c’est le moment où maintenant, connaissant le cadre et l’environnement dans le quel on se trouve, poussé aussi par l’invitation de Tan à le faire, il faut quand même voir de quoi on parle plus précisément ; comment on s’approprie tout ça.

UNE TENUE HIVER SUR LA BASE D’UN PANTALON EN « BOUCLE TWEED »

L’hiver il fait froid (et l’eau ça mouille …) … la laine pour se réchauffer, c’est bien. D’aucuns pourraient reprocher que la laine ça gratte.
Ici, avec le volume, le pantalon CT01 (collection « Come Again » – un des plus larges, si ce n’est le plus large) déroge à la règle et forme un gros doudou chaud.

matière tweed

L’ampleur et la boucle du tweed permettent une aisance, un « volume chauffé » important et de laisser la fibre ne pas agresser la peau, par sa forme et le drapé. On sent l’épaisseur du tissu, mais l’ensemble reste souple, agréable en mouvement.

On est bien.

Pour répondre au volume de ce type de pantalon “méga” ample dans une approche malgré tout relativement formelle (bien qu’atypique), il faut trouver des pièces qui s’y coordonnent.

Pour équilibrer le volume, je me laisse doucement influencer par les photos que Tan a réalisé pour la collection. Initialement, je pensais logiquement que pour ce pantalon hiver, mes différentes boots feraient le job à merveille. A l’essai, finalement, et dans le temps, je leur préfère mes brogues ou autres souliers bas.

Ils me permettent d’affiner la silhouette et d’équilibrer l’ensemble. Le danger pourrait être de laisser penser que le pantalon est trop court, alors qu’il s’agit d’un fit volontaire et assumé. J’ai demandé, pour celui-ci, de réduire la longueur standard de 4 cm.
Raccourcis, la cheville, mince et bien dégagée au niveau de l’ouverture de jambe asymétrique, rend hommage à la coupe du pantalon et met aisément la patine des Pembrocke en valeur, répondant dans la gamme de couleur choisie de marrons chaleureux.

Pour le haut, on calme le jeu. On remplace le basique T-shirt blanc par une chemise blanche qui remplira aisément le même rôle de « basique » du vestiaire masculin ; une taille au-dessus de mon fit naturel pour jouer de nonchalance avec les longueurs et pour étager la silhouette. Sorti du pantalon et bouton de poignets ouverts, j’aime l’aisance que cela procure au quotidien, de la même façon finalement qu’un pantalon ample.

On l’a dit … l’hiver il fait froid. Les cardigans sont souvent des pièces clivantes … clivage que je ne comprends pas. C’est simple, aussi efficace qu’un pull, mais qui permet de jouer sur les volumes et l’adaptation aux températures, surtout quand on empile des couches.
Celui-ci, beige / écru, est lui aussi en 100 % laine. Ne m’en demandez pas plus, pour quelques dizaines d’euros, trouvé en friperie dans le vestiaire féminin, j’aime ce coté désuet ancien, en restant raffiné qu’il dégage.

Pour parfaire le tout, former une couche protectrice pour aller d’un lieu à un autre en bravant le vent, j’empile par-dessus une surchemise épaisse, une nouvelle fois up-sizée de 2 tailles pour générer une forme à la façon d’un drapé et avoir de la longueur.
Je ne vais pas vous raconter de blagues plus longtemps : j’ai fait les photos en juin. J’ai chopé une suée !
En revanche, l’hiver, j’empile allégrement à nouveau une couche supplémentaire : mon liner noir qu’on peut voir sur cette tenue du cahier de style (Tout mettre dans le pantalon ?).
D’ailleurs, avec un peu d’attention, vous remarquerez que la construction de cette tenue est assez semblable à celle présentée ici : souliers bas, cardigan, chemise blanche, veste et liner.

N’est pas chauve qui veut … à moins de vouloir me piquer mes chapeaux et donc de se raser la tête. L’hiver, mon béret basque est devenu le plus fidèle de mes compagnons.

MEME SHAPE DE PANTALON ? OUI ! MAIS PLUS LONGTEMPS DANS L’ANNEE

Je l’ai dit. On ne voit pas tout au premier coup d’œil sur le site.
Ca fait quelques temps que deux marottes me trottent dans la tête :
+ La première, sur la base de ce CT01 ci-dessus m’a rendu l’hiver beau : y aurait-il un pantalon assez polyvalent pour être porté au moins sur les trois quarts de l’année ?
+ Depuis longtemps, je veux un complet. Un ensemble haut / bas assorti. Je n’ai jamais franchi car je n’ai jamais réellement trouvé ce qui me convenait vraiment … souvent parce que je considérais l’offre (trop) sage dès qu’il est question d’ensemble et/ou trop « sérieux ».

Naturellement, après ma première expérience, et à la vue des images de la nouvelle collection « Procrastinate, We », je fonce pour un nouveau voyage avec L45.
Ce sera un ensemble sur la même coupe de pantalon CT01, mais couplé à une veste courte (que je fais légèrement rallonger) Dilacio 1.
Pour jouer la polyvalence sur les saisons, ce sera du Moleskine. Olive.
L’avantage c’est que cette couleur et cette matière iront aussi très bien en dépareillé avec mon vestiaire actuel, en apportera suffisamment grâce à la matière, sans trop non plus en faire, qu’ensemble.

Les pièces, prises individuellement, ont un propos stylistique qui se suffit déjà à lui-même. Adjointes, elles marquent la cohérence d’un ensemble bien identifié avec de la personnalité, sans tomber dans le côté « sage » d’un costume traditionnel.

L’avantage, comme je le disais, c’est que ce type de coupe et de matière peut être porté assez longtemps dans l’année.

Cette fois, sans modifier la longueur originelle, ça tombe parfait avec mes boots Alden en Cordovan noir à semelle commando que j’aime tant l’hiver. On notera le bas asymétrique.

Le Moleskine présente de beaux reflets et est d’une douceur parfaite pour se sentir enveloppé.

Pas de ganses, mais des coutures retournées, très propres sur tous l’ensemble.

La veste, quant à elle, « casse » le côté Daron de la coupe que l’on perçoit notamment sur le tweed en emmenant la tenue vers une décontraction plus work-wear dont les afficionados qui suivent le blog pourront apprécier les grosses poches qui me permettent de ranger tranquillement mes couvre-chefs (j’ai testé … mon Ipad Pro rentre dans chacune des 3 poches !).

Le plis dans le dos apporte de l’ampleur, de l’aisance, de la douceur à l’usage dirons-nous, … presque toute l’année !

La matière est épaisse et les couches superposées amène un tombé très appréciable qu’on ne peut malheureusement qu’apprécier à sa juste valeur qu’en mouvement.
On sent le poids de l’ensemble, mais pas d’oppression, juste comme un cocon.

 

 

UNE CHEMISE AUX VOLUMES QUI PEUT AUSSI S’ASSOCIER A D’AUTRES CULTURES

Pour parfaire l’ensemble ci-dessus en moleskine, j’avais dans l’idée de me choper une chemise de la même collection. Autant aller jusqu’au bout du truc non ?
Du coup, je questionne la clique sur ce qu’ils auraient à me proposer dans le cahier des charges :
+ Modèle CS01 (la seule chemise de la collection « Come again »)
+ En lin
+ A motifs noir et blanc.
On me sort une dizaine d’étoffes pour que je confirme mon choix.

L’avantage de la coupe de ce modèle, c’est que j’arrive à la porter aussi bien dans le pantalon … ben oui, avec tout le volume du pantalon, j’arrive bien a y rentrer un peu de tissu superflu … que me prendre pour un cerf-volant.

Rentrée dans le pantalon, elle parfait l’esprit plus formel que peut prendre la tenue, marque la taille et met en valeur les grosses pinces de 9 centimètres du pantalon.

Ah oui tiens ! Ce modèle est un taille haute, vraiment. Couplé avec le volume gigantesque aux cuisses, on accède à cette aisance dont je ne cesse de vous tanner depuis le début de cet article. Le pantalon est suspendu à la taille, seul point “d’ancrage”.

On peut la porter sortie du pantalon. La longueur amènera une ampleur et aisance parfaite pour l’été. Sans porter la veste et en remplaçant les boots par des sandales … on change de destination.

J’ai cherché longtemps une proposition comme celle de L45 …

« Quand on travaille pour plaire aux autres on peut ne pas réussir, mais les choses qu’on a faites pour se contenter soi-même ont toujours chance d’intéresser quelqu’un. »

Pastiches et mélanges / Marcel PROUST

Par ChairBleue

I'm good in my room ! Signe particulier ? ... mon nombril produit de la laine !!!

Un style pointu et des conseils simples

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