Et si l’on se perdait dans le toujours plus cher lorsque l’on s’intéresse aux vêtements. Se fermant alors aux petits choses, simples, qui peuvent tout autant sublimer une tenue. Finissant par ne plus frétiller que pour du name dropping (par name, j’entends « marque » comme « composition » et autres geekerie). Ce n’est pas ici que je vais y répondre mais j’avais envie de partager ces 2 tenues. Elles n’intéresseront que peu de monde, bandeurs d’Octobre Éditions comme d’un Niceness. Et pourtant, avec un budget modeste, on a quand même des petits détails qui font que stylistiquement, c’est intéressant. Parce que Borasification, c’était ça aussi à la base, parler d’une fringue à 4 chiffres et d’une autre à un, tout ça dans une même tenue. Et puis parfois, c’est bien un peu de légèreté!

Une tenue un poil oversize, street pour un un budget serré
J’ai laissé la main à Nicolas sur le blog pour parler de l’excellence, de ce qu’il se fait de plus beau. Et pour mes besogneux budgétaires, mes pinces de compétition et mes pas assez passionnés pour dilapider tous leurs deniers dans le chiffon j’essaie d’être là.
Supreme, le bon réflexe sur Vinted
Si il y a une une marque qui est mal perçue / comprise par ceux qui ne sont pas sa cible, c’est Supreme.

Jadis décriée par les blogs de mode tenues par des adorateurs du slim et de la chemise cintrée à petit col, Supreme est plus intéressante qu’il n’y parait. Et surtout pas si chère que ça. Quand on sort des pièces hype, des goodies, la politique tarifaire est autrement moins exagérée que des marques sur qui tout le monde se tripote comme Aimé Leon Dore. Ou Brut, plus proche de chez nous.
Alors tout ça pour dire que si l’on veut des fringues avec du volume, un vibe street sans claquer de sommes à 3 chiffres, Supreme sur Vinted mérite d’y passer un peu de temps.
Hoodie bien lourd, 100% coton, coloris noir légèrement passé, logo ton sur ton, made in Portugal: 25e.

Pris en XL, à la base pour un projet custom, pour tester un rendu avant de développer un coupe pour Borali. Plus long que prévu, je le garde pour le moment en sweat à capuche de la flemme et qui équilibre mes bas les plus larges.
Idem pour le short, 100% coton, coloris et main de la toile sympa, coupe baggy bien faite, made in China oui: 50e

Quand on n’a pas le budget pour un Burgaud (ou le Borali qui arrive), c’est une option à envisager si on veut un short en denim vraiment large et long. Et un truc à garder en tête, Supreme, Stüssy & co sont des pointures en direction artistique. Les coloris sont souvent piles dans les teintes qui fonctionnent bien.

Pour 75e, j’ai un ensemble full black sympa, légèrement passé et des pièces qui se marieront aussi avec du Arpenteur, Evan Kinori ou Borali.
Casquettes, lunettes, sacs, du beau à pas cher (en prix retail en plus)
Le truc que j’aime bien dans cette tenue, c’est l’apport des accessoires. Et là encore, à prix contenu, et au prix fort. Comprendre par-là, que le prix de base est tout budget.
Les lunettes de soleil, je compte écrire un article dédié sur cet opticien: Méti. Uniquement à Paris pour le moment, c’est de la lunettes de vraiment bonne qualité à un prix bluffant. Ces solaires, par exemple, ont une vraie gueule, ce n’est pas un design générique, c’est mieux fini que des Ray Ban, tout en étant faites en France. Si tu veux tester, t’as 15% avec le code « Borasification ».

La casquette, Atelier DNHN, en canevas, forme de baseball vintage, peu profonde, tout ce que j’aime. Là encore, sachant que c’est de la confection artisanale, t’es sur un produit très (trop) bien placé niveau prix. Rappelle-toi que des casquettes lambda faite à la chaine en chine sont vendues 75e par un nombre incalculable de marques.

Et enfin ce sac, Puebco, que m’a offert mon pote de Maison Cornichon. Pour justement aller avec cette casquette avec laquelle il me voyait toujours. Toile de parachute revalorisée, couverte d’un plastique épais recyclé, c’est une pièce sympa et qui reste abordable.
Enfin, tout ça pour dire que ces 3 accessoires permettent de singulariser cette tenue low cost, sans casser la tirelire.
Le orange dans un full black
Quand on a pas les moyens de s’offrir des vêtements teints à la boue ou l’indigo naturel avec séchage à l’air divin du Japon, on a tout même le droit de s’amuser avec les couleurs.
Et ça vaut pour les textures aussi, y a bien des torchons Monoprix avec une main similaire visuellement à des chambray haut de gamme.


En fait, j’irai même plus loin. Chercher la bonne nuance de couleur, un détail différent / cohérent avec une pièce que l’on veut associer, c’est bien plus excitant en chinant. Faut être plus créatif, aventurier et la satisfaction qui en découle n’est pas moins élevée que mettre la main sur la pièce d’un designer de niche japonais après 6 mois d’économie.
Enfin, tout ça pour te dire qu’une tenue à majorité noire, ou mieux, en nuances de noir, ça se pimente facilement. En effet, il suffit de saupoudrer de touches d’une couleur plus flashy.
Le jaune ou le orange, comme ici.

Alors je ne te dis pas de faire un gros color block façon Polo Ralph Lauren. Plutôt de jouer la subtilité.
Un col de t-shirt qui dépasse, une casquette, des surpiqures, un empiècement de poche, la pierre d’une bague, des lunettes ou encore un sac.

Ici, je ne te fais pas l’affront de te les nommer, ça a le mérite de se remarquer le orange.
Une tenue sans culture vêtement, sans geekerie, sans Instagram
Je vais aller très vite, peu de filles nous lisent. Ce que j’aime bien dans cette tenue, au-delà des détails que l’on verra, c’est que Kalee s’en tape. Elle n’a jamais mis les pieds sur un forum ou un Discord, ne suis pas d’influenceuse mode sur les réseaux sociaux, et il me semble, n’écume pas les lookbooks de ses marques favorites. De plus, une partie de ses pièces, je les lui récupère auprès de marques avec qui j’ai pu travailler, pour la remercier de m’aider de temps en temps. Et pourtant, je prends plus de plaisir à voir ses tenues que 90% des instagrameurs masculins. Comme pour beaucoup de nanas d’ailleurs.

Une tenue sans marque validée, juste une bonne silhouette
Pour cette tenue du jour, qu’elle a enfilée sans savoir qu’elle finirait en photo, pas de nom ronflant de marque féminine.
Une surchemise oversize Zara, un pantalon American Vintage (il me semble), un pull Tricot Jean-Marc Et des Paraboot. Et des trucs qu’elle a depuis des années pour certains.

Au final, on a une silhouette sympa, pleine de feeling.
Du volume en haut qui contraste avec un pantalon moins large, sans être slim pour autant. C’est le genre d’équilibre qui respire le confort, sans faire mode ou « de trop ».
Assortir les couleurs n’est pas une histoire de budget
La partie qui m’a donné envie de shooter cette tenue et de prendre 5h à faire cet article, c’est le jeu de couleurs.
Et on en revient au postulat de départ de ce billet: pas besoin d’être riche pour mettre du panache dans ses looks.

Regarde comment Kalee agrémente (inconsciemment en plus) de plein de détails cette tenue.

Les Paraboot qui répondent à son pull mais aussi les reflets de ses cheveux. Oui, ça compte, une tignasse pareille, c’est comme porter un bonnet, faut le prendre en compte!

Le t-shirt qui dépasse, un gimmick que j’adore utiliser, a ici un vrai rôle encore. Il tranche avec le pull mais reste de la même palette. Les plus pointilleux diront que c’est un rappel de ses lèvres et que c’est sa LA féminité.


(ça va je plaisante)
Le pantalon gris anthracite permet de trancher, d’amener du contraste et d’arbitrer un peu tous ces tons pastel. Enfin, les chaussettes, avec leur teinte crème, marquent la cheville et surtout renvoient à la surchemise et ce bracelet familial en ivoire.


À noter que les motifs radis, discrets, sont le petit détail égoïste que seule elle voit.
Et nous, qui avons un cliché pris à 20cm de sa malléole.

Vive le manque d’argent
Alors oui, ce ne sont pas des tenues « budget Shein » non plus, mais je pense que ça illustre assez bien le fait qu’avoir du style, mettre du beau dans sa tenue, ne passe pas nécessairement par avoir les fringues les plus pointues / chères / hype possibles.
En revanche, si tu peux te le permettre, profite, c’est génial et sa soutien des marques et projets qui en ont besoin.
Essaie seulement de garder / développer ce plaisir de dénicher aussi des pépites à pas cher. Seconde main, vintage, marque loin de ton spectre, des pièces inattendues.

Tu verras que la satisfaction qui en découle peut être aussi grisante que recevoir un pantalon Evan Kinori à 900$ ou « chiner » Detroit jacket tout flinguée mais made in USA à 300 balles.
Varier les plaisirs, on y reviendra.
+++


Tres cool les deux tenues !
Tes casquettes atel dnhn c’est la marq qui te les as envoyees ? Parce Que venant du canada ca augmente sensiblement le tarif. Elles sont vra cool mais ca reste un frein pour moi…
Merci!
nop j’ai acheté toutes celles en canevas, Julien m’a offert la Mosaic.
Ecris-lui pour voir comment vous arranger.
Après quand tu vois les casquettes industrielles bidons vendues entre 60 et 85e par les marques, payer un peu lus pur avoir un truc singulier fait par un artisan, ç ame dérange pas du tout 🙂
Pour ceux qui liront, on va aussi sortir des casquettes ensemble avec Borali 🙂