DIY – Coudre un masque en tissu

Salut à toutes et à tous,

Un article de circonstance en cette période de confinement suite au Coronavirus : un tuto couture de masque en tissu que nous allons écrire à 4 mains avec Julien !

Avant toutes choses, nous espérons que votre famille, vos amis et vous qui nous lisez, vous portez bien, si non nous vous souhaitons énormément de courage dans cette épreuve. Nous tenons également à féliciter et encourager tout le corps médical, qui se démène pour notre santé !

Et surtout évitez au maximum le contact avec les autres, restez au maximum chez vous ! Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour vos proches, vos amis, et les gens que vous risquez de contaminer sans le savoir ! Il est plus que temps de penser de manière plus collective, un maître mot : Solidarité !

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, retour sur le point de départ de cet article.

Solidarity Pack

Comme vous le savez, nous sommes dans une période un peu particulière. Il y a quelques jours, ma mère m’a montré un post Facebook. Une infirmière qui était à la recherche de masques en tissu. Elle cherchait des couturières et couturiers pour combler la pénurie de masques en papier à laquelle ils faisaient face sur son lieu de travail. Elle m’a ensuite demandé si ça m’intéressait d’en coudre quelques-uns… Evidemment, je lui ai répondu : “Oui !”

Nous avons contacté une infirmière de notre entourage et proposé l’idée. Elle a tout de suite été intéressée par le projet. Nous nous sommes donc mis au travail (nous étions de toute façon “bloqués” à la maison). Après avoir cherché un exemple sur internet et un 1er proto, nous avons pu affiner le modèle et lancer la “prod”.

Au final, nous avons cousu gratuitement 30 masques pour ces infirmières (qui les utilisent actuellement). Je les ai baptisé comme si il s’agissait d’une collab’ hype : QUBE X MOTHER Solidarity Pack

Boras et Julien, ayant vu ce projet, ont voulu amener également leur contribution à leur manière ! Ils m’ont donc proposé qu’on écrive un article à 2 avec Julien. Honnêtement, je n’avais pas pensé à en faire un article, mais j’ai trouvé que l’idée du tuto était super. Donc nous voilà !

 

Le masque, une culture

Le masque est en Asie beaucoup plus commun et culturellement beaucoup plus ancré qu’en Europe ou dans le reste du monde. On le retrouve en Chine notamment dans les grandes villes afin de protéger de la pollution concentrée qui y règne. Mais également très fréquemment en Corée du Sud et au Japon, pour des raisons à la fois de pollution et d’hygiène. Je pense par exemple à des villes comme Séoul ou Tokyo, où des millions d’habitants y vivent de manière très concentrée.

Le but est donc de se protéger évidemment de l’air pollué mais également de se protéger des autres et de protéger les autres de soi-même. En effet, cette proximité est parfaite pour la propagation de toute sorte de maladies, virus et autres joyeusetés. L’Asie a déjà fait l’expérience de ce genre de problème avec par exemple la grippe aviaire. Les Japonnais sont d’ailleurs particulièrement attachés à la santé et à la propreté. Il s’agit de l’un des pays, si pas du pays où les gens consultent le plus au monde.

J’y vois une forme de respect pour l’autre.

Je ne comprends d’ailleurs pas que ce soit aussi mal compris chez nous. Peut-être que cette expérience du Coronavirus fera changer un peu nos habitudes et nos pratiques concernant le port du masque. L’environnement se dégrade de jour en jour, la pollution se développe de plus en plus. Il devient urgent de se protéger. Nous respirons tous les jours un air pollué (plus ou moins en fonction de notre localisation). Et nous rencontrons tous les jours des centaines de personnes.

 

Je laisse Julien enchaîner avec son masque, on se retrouve juste après.

 

La proposition de Julien

Nous avons décidé de vous montrer chacun un moyen de fabriquer un type de masque de protection.

Attention : en aucun cas ce type de masque ne peut remplacer un masque chirurgical ou FFP2 / FFP3 ! Ils n’ont pas vocation à ça.

On estime que c’est tout de même mieux en terme de protection avec un masque en tissu plutôt que de ne rien porter.

Important : il faut laver à chaque fois le masque car le tissu peut garder les bactéries, ne pas hésiter à utiliser une lessive bactéricide (comme Synthol par exemple).

Version ninja des villes

Pour ma part, je suis parti d’un patron que j’ai piqué sur un masque de protection de bricolage (FFP1), vous pouvez le télécharger ici (imprimable à 100% sur des feuilles A4 à assembler en coupant au niveau du cadre noir).

Voici comment l’assembler :

Pour le choix des tissus, j’ai utilisé des chutes que j’ai chez moi et qui m’ont servies à divers projets couture : un coton japonais bleu, un coton basique noir pour la doublure et du coton éponge (comme pour les serviettes de bain) pour l’intérieur.

 

Ensuite, je découpe les différentes pièces du patron et on arrive à ça :

 

N’ayant pas l’élastique chez moi, j’ai choisi la solution de lanières pour les remplacer. Pour ce faire, je prends les bouts de tissus à dessein et je les plie en 4 comme un biais.

 

Ensuite je couds pour fermer (le long du côté ouvert et aussi un des bouts).

 

Puis je couds les 2 parties du tissu doublure sur les parties anguleuses, envers contre envers, j’ouvre les coutures.

 

Je fais de même pour le tissu extérieur, mais endroit contre endroit.

ici la pièce de droite a été retournée

 

Ensuite je “pré fixe” les lanières au tissu extérieur par une petite couture à 5mm (donc qui reste dans la marge de couture de 1cm), ça permet aux lanières de rester en place pour la suite des événements, je m’aide de bouts de scotch pour pas que ça ne bouge trop.

 

Il faut après ça assembler le tissu extérieur à la doublure, endroit contre endroit. Pour ça, j’ai bien replié les lanières et les ai fixées au scotch pour que ça ne m’embête pas durant cette étape.

 

Il faut bien épingler.

Attention, il faut laisser une ouverture entre 5 et 10 cm pour pouvoir retourner une fois la couture faite (on peut voir une des marques au stylo que j’ai faite) et on coud d’une marque à l’autre.

Avant de retourner, il faut cranter les marges de couture car on a une forme ronde, ça engendrerait une sorte de polygone une fois retourné si on ne fait pas ça et c’est très moche !

 

On retourne, on ajuste bien la couture, un petit coup de fer pour que ça soit bien net.

 

On peut voir sur la photo ci-dessus le trou sur le bas qui a permis de retourner, mais qui va aussi permettre de placer le tissu éponge.

D’abord je couds les pinces dans le tissu éponge, ce qui lui permet d’avoir la forme 3D voulue.

 

Puis je coupe un peu le surplus pour ne pas avoir de sur épaisseurs disgracieuses.

 

Alors j’aurais en effet pu mettre directement le tissu éponge (avec marges de couture) dans les étapes précédentes pour qu’il soit bien pris dans la couture extérieure. Le souci c’est qu’une fois retourné, ça double l’épaisseur sur les bords, et ça peut être gênant (le tissu éponge est assez épais), j’ai donc décidé de le placer librement, mais ensuite de faire des surpiqûres pour le maintenir.

Donc j’ai fait 2 surpiqûres sur la largeur du masque, puis une surpiqûre sur tout le bord (qui permet notamment de fermer le trou). Et on arrive au produit fini !

 

Et voilà porté ce que ça donne !

Non, c’est pas que le masque est mal fait et se place mal, c’est mon grand pif tordu qui fait que le masque ne se place pas normalement bien droit 🙂 Pull De Bonne Facture au passage

 

Alors oui j’aurais pu nouer les 2 derrière la tête, mais le fait de faire ce “retour” au niveau des oreilles avec les lanières du haut permet au masque de très bien tenir.

Celles du bas servent juste à bien plaquer le masque au visage. Et ça fonctionne bien car le masque est vraiment bien collé au visage.

Au cas où vous n’auriez pas de matos pour coudre, voici un moyen simple de faire un masque de fortune (finalement pas plus ni moins secure que les masques en tissu).

Vous avez besoin de 2 feuilles d’essuie-tout et d’un bandana / foulard.

Il faut placer les 2 feuilles d’essuie-tout l’une sur l’autre, au centre du bandana mais à 45° par rapport à ce dernier.

Replier les coins haut et bas le long des feuilles d’essuie-tout.

Replier le haut sur quelques centimètres.

Et voilà, vous pouvez le porter !

 

Important : comme pour les masques de tissu, il faut les laver après chaque port ! Et pour celui-là, mettez à la poubelle les feuilles d’essuie-tout.

Maintenant, c’est à Qube 🙂

 

Vous avez pu voir le masque de Julien, une version de ninja que je me ferais bien pour compléter certains de mes looks !

Version médecin militaire

Je suis parti de mon côté sur une version plus “plus simple” à réaliser, directement inspirée des autres masques que j’ai pu coudre. L’objectif, un masque efficace et rapide à réaliser.

Pour coudre ce masque, il vous faudra du coton pour la partie extérieur (l’avant et l’arrière) et de l’ouatine pour la partie interne. Prenez du tissu récupéré si possible, des chutes, faites avec ce que vous avez sous la main. L’idée, c’est d’utiliser de se débrouiller avec ce que l’on a et de limiter un peu les déchets. Pour maintenir le masque, il vous faudra également 2 morceaux d’élastique plat d’environ 7mm de large.

 

On commence par tracer des carrés de 19cm de côté. J’utilise une craie pour tailleur, ça ne coûte pas grand chose et ça part au lavage.

 

De gauche à droite : l’ouatine, le coton blanc qui sera en contact avec la peau et le coton olive pour la partie extérieure. L’idéal est d’avoir 2 tissus différents pour l’extérieur. Ce qui permet de repérer très rapidement le côté peau et le côté extérieur. En plus d’amener un peu de couleur sur l’extérieur. Le tissu blanc est un vieux drap de lit et l’olive un bas de pantalon que j’avais raccourci. L’ouatine a été achetée pour l’occasion (et surtout pour les autres masques que j’ai cousu).

 

Ensuite, on épingle les élastiques à 2cm du bord supérieur et à 4cm du bord inférieur. Faites attention à ne pas les torsader.

 

Après, on épingle le coton blanc par dessus les élastiques.

 

Et finalement, on termine l’épingle en plaçant l’ouatine par dessus le coton blanc. On se retrouve donc avec 3 carrés superposés. J’ai tracé en bleu la position des élastiques à l’intérieur. Pour pouvoir retourner les tissus, il faut veiller à laisser une ouverture sur le bas d’environ 7 ou 8cm (représentée par les traits rouges en bas du carré). Pas besoin d’être précis dans la mesure, car cela ne se verra pas sur le résultat final.

 

J’ai utilisé un fil noir pour que vous voyez bien la ligne de couture, mais peu importe la couleur du fil, car il s’agit de l’intérieur du masque. Pour la couture, il faut laisser environ 1cm de marge par rapport au bord.

 

Une fois la couture réalisée, on coupe les coins pour faciliter le retournement du masque.

 

On retourne les tissus entre les 2 carrés de coton (et pas entre le coton et l’ouatine). Il faut bien pousser dans les coins pour retourner au maximum les tissus.

 

On se retrouve avec un carré ouvert et les 2 élastiques à l’extérieur.  L’ouatine est désormais bien à l’intérieur des 2 couches de coton.

 

On épingle pour bien maintenir l’ouverture lors de la surpiqûre. Ensuite, il vous suffit de faire une couture à quelques millimètres du bord, sur tout le tour du masque. J’ai choisi de placer le début et la fin de la couture dans un des coins inférieurs.

 

On arrive sur la partie la plus délicate de la couture : les plis. Pour ce modèle, les plis se placent comme sur la photo ci-dessous.

Pli 1 : à 3cm du bord supérieur (+1cm d’espace pour replier) | Pli 2 : à 6,5cm du bord supérieur (+1cm d’espace pour replier) | Pli 3 : à 10cm du bord supérieur (+1cm d’espace pour replier)

Il faut marquer les plis à la craie ou à l’aide d’une épingle et les repasser pour faciliter la couture.

 

J’ai choisi de coudre les plis sur toute la largeur mais ce n’est pas obligatoire. On peut gagner un peu de temps en ne faisant qu’une couture de 5mm aux extrémités des plis.

 

Et pour terminer, on peut ensuite replier le masque 3 fois vers le bas à environ 1cm de chaque pli.

J’ai cousu le repli dans la surpiqûre mais on peut également les coudre sur la couture du pli. C’est peut être même plus facile comme ça).

 

Une tenue pour terminer

Et en petit bonus, une tenue avec le masque !

La tenue a été composée avec mon frère (merci si tu me lis, c’était cool 😉 ). Honnêtement, il a fait 80% de la tenue. Il a pioché dans mes pièces ( sauf la parka et les sneakers qui sont à lui) et on a ajusté ensemble. Le résultat est assez différent de ce que je fais habituellement, plus coloré, ça, c’est sa touche ! En terme de fit, ça reste dans ce que je fais, logique.

Ça permet de s’essayer à un univers différents et d’envisager une nouvelle approche.

L’idée me vient de mes 2 potes, Feazzy et Nikko qui ont fait des tenues sur un délire similaire sur leur insta respectif.

Norse Project Nunk Parka | Trove Aura Wide Shirt | Uniqlo U  tee | Engineered Garments Workaday Fatigue Pants | Nike Air Footscape Woven Chukka

 

Un peu de lecture

Beaucoup d’entres nous ont désormais pas mal de temps libre, je vous conseille donc d’aller jeter un œil aux derniers articles de Nikko et de Boras ou même aux autres articles DIY de Julien ! C’est le moment 😉

 

Faites attention à vous et aux autres,

Julien et Qube

PS : Si tu n’es pas doué avec tes mains ou que tu as la simplement la flemme de le coudre toi même, Arnaud, aka VGL te propose une sélection de masques français sur son blog ! N’hésites pas à faire un tour 🙂


Si tu veux garder un œil sur une approche du style singulière, rejoins notre newsletter 🙂 conseils, looks et des exclusivités !