La passion ou comment développer son style

Salut à tous, aujourd’hui je vous parle de créativité, de passion et de style.

Pour cet article, on a voulu faire un shooting un peu spécial avec un pote, belge lui aussi et également rédacteur ici, Romi ! Ça fait des mois que l’on doit se capter, nos emplois du temps ne collaient pas forcément très bien mais on a fini par réussir à se caler une date pour une petite séance photo sur les toits de Bruxelles.

On ne s’est pas concerté pour nos tenues et pourtant je trouve qu’on a eu chacun un bon feeling notamment sur les couleurs avec cette sorte de fit inversé. Bleu en haut, beige/sable, en bas pour Romi et inversement pour moi. La “Belgian touch” ? Je ne sais pas mais en tout cas il s’agit d’une heureuse coïncidence qui apporte un petit plus visuellement dans les photos de cet article, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

Romi

Je vous laisse avec Romi qui nous parle de sa tenue et je vous récupère juste après pour vous expliquer ce que j’ai voulu faire de mon côté.

Salut tout le monde. Plus d’un an sans écrire d’article. C’est de pire en pire. Comme les autres fois, combiner un emploi du temps de boulot chargé plus des shootings photos, c’est compliqué. Mais promis, le prochain article ne sera pas en 2021 mais bien en 2020 après le confinement bien évidemment. Pour les plus observateurs d’entre vous, vous aurez remarqué le même décor que ce shooting avec Fokken. Vu que je m’habille à « l’instinct », je ne pourrais pas vous écrire un article qui décrit mon approche où tout autre chose du style, comme d’habitude je vais vous parler de la tenue et rien que la tenue. Trêve de blabla, parlons chiffon, on est là pour ça !

Sneakers, Mimi-Siku ou Pochaontas ?

Première pièce, sûrement une des plus importantes dans une tenue à mes yeux, les chaussures. Classique de chez Visvim, la F.B.T. La légende veut que la paire tire son nom d’un groupe de pop britannique des années 80. Je vous avoue que je connais pas du tout, ma culture musicale s’arrête au rap français boom-bap. Sur une pochette d’album de ce fameux groupe, un des membres poses avec une paire aux inspirations indiennes.

Si je ne me trompe pas, celle que je porte date de 2017. C’est à « cause », de la F.B.T, que je suis tombé dans la marmite Visvim. J’aime ce côté Mimi Siku avec un air de sneakers. C’est un peu ma paire « passe partout », quand je ne sais pas quoi porter, 9 fois sur 10, mon choix se porte sur une F.B.T.

Vous pouvez retrouvez la très belle version Lhamo Sashiko chez End

Hakama, de l’époque médiévale à la rue

Deuxième pièce, l’Hakama Pant, toujours de chez Visvim. Encore une de leurs pièces phare. Je n’aurais jamais cru en avoir un dans ma garde-robe, même s’ils me font baver, le prix et le fait de ne pas pouvoir essayer avant m’ont toujours freiné. Merci Boras pour la passe pour le coup.

Cette version est celle de la saison 2017, il est confectionné à partir d’un tissu canvas 100% coton. Je l’ai coupé court volontairement, je me voyais mal le porter comme sur les looks books Visvim et de toute façon vus la rigidité de la toile, ce n’est pas possible de le laisser stacker comme ceux en laine.

C’est vraiment sur ce genre de pièce qu’on peut voir tous le savoir-faire de chez Visvim.

Que ça soit la ré-interprétation du vêtement, en l’occurrence l’Hakama qui est un pantalon traditionnel japonais. Durant l’époque médiévale, il est porté par les nobles, notamment les samouraïs. Pour finir par se démocratiser durant la période d’Édo, porté par plus de monde, par exemple les femmes. Le savoir-faire au niveau du tissu, c’est dur à montrer en photo mais une fois en main, ça saute aux yeux (Boras et Qube pourront en témoigner). De même au niveau de la teinture, beige sable qui tire sur le jaune. Il y n’a que Visvim pour proposer ce genre de nuance dans les couleurs.

Qube parle également de hakama ici.

Liner revisité, du military rose

Troisième pièce, le liner. On reste toujours chez Visvim avec cette Iris jacket de la saison 2019. Comme pour l’hakama, c’est le genre de pièce que je n’aurais jamais cru avoir. Merci le prix retail japonais X2 en Europe haha. Plus sérieusement, dès que j’ai vu les premières photos Visvim de la saison 2019, c’est la pièce qui m’a le plus marquée. Surtout en rose, j’aime ce contraste vêtement militaire / rose. Comme pour le hakama, il n’y a que Visvim pour sortir ce genre de C.W.

Pour la petite histoire, c’est un produit assez neuf chez Visvim, la première version (une kaki), est sortie en 2015. La pièce est un hommage à la doublure de la parka M51 des soldats américains et alliés durant la guerre de Corée. Elle vient remplacer la M48, qui vu la situation et le nombre nécessaire était trop coûteux à produire. La pièce est pensée pour s’attacher à d’autres vêtements de chez Visvim (par exemple la Six Five Fishtail).

Du workwear, à la sauce fleuriste ou pharmacien

Quatrième pièce, la veste. On reste toujours au pays du soleil levant, elle vient de chez Neighborhood. Je ne sais pas trop, mais j’ai l’impression que c’est inspiré des shops coats, comme son nom l’indique, jusqu’au début du XX siècle, ce genre de vêtements était porté par les commerçants (pharmacien, quincaillier, fleuriste, etc.) afin de protéger leurs vêtements de tous les jours. Plusieurs détails me font dire que c’est le cas.

Le plus frappant ce sont ces ouvertures sur le côté, afin de pouvoir atteindre les poches du pantalon, même quand la veste est fermée. Malgré cela, le col est complètement différent, on est sur un col base-ball, parfait pour faire du layering comme j’aime.

Cinquième pièce, la chemise. Encore une fois direction le pays du soleil levant. Elle provient de chez Nanamica. Je n’ai pas grand-chose à raconter pour le coup. Le fait qu’elle soit plus longue que la veste, permet une harmonisation de la tenue à mes yeux.

Des accessoires, en vrac

Pour finir au tour des accessoires. Pour commencer les colliers, l’indigo provient de chez Jinji, c’est chez eux que j’ai acheté mes premiers colliers tressés, le jaune, comme vous l’aurez surement remarqué, est un Borali. Il est plus court que le Jinji, ce qui permet un jeu de « layering ».

La pochette et le porte-clef viennent tous les deux de chez « La perruque », d’ailleurs on peut voir le vieillissement et la patine du cuire sur le porte-clefs. Les deux accessoires avaient la même couleur au début. Deux années de port intensif séparent les deux pièces.

La montre, cadeau pour mes 30 ans. Je n’y connais rien en horlogerie, je sais juste que là, maintenant, je peux plus m’en passer. J’aime son côté simple et passe partout.

Le bob provient de chez Bleu de Paname, il est confectionné avec un moleskine épais, B.D.P c’est sûrement une des premières marques qui m’a marqué dans sa façon d’aborder la mode, même si je n’achète plus, j’aime regarder leurs nouvelles collections.

Voilà, merci de m’avoir lu. De toute façon, vu la conjoncture actuelle, vous ne manquez pas de temps haha.

 

Ce feat avec Romi était l’occasion parfait pour vous parler d’un sujet que l’on aborde régulièrement sur le blog : la créativité !

Partager une passion, pas un style

Pour moi, une approche finalement assez similaire de la sape que Romi, j’aime me faire plaisir avec mes vêtements, la passion est une composante essentielle dans ma façon de m’habiller. Ce qui est cool, c’est que malgré tout, on arrive à des résultats totalement différents.

Cet article est d’ailleurs une bonne excuse pour moi de vous parler d’originalité et de style personnel. Même si j’aime beaucoup ce que fait Romi (ou d’autres d’ailleurs), je ne me vois absolument pas m’habiller comme lui, pour une simple et bonne raison : la créativité. J’y suis très attaché.

Inspiration VS Copycat

A l’heure d’aujourd’hui, il est très facile de trouver de l’inspiration, notamment avec les réseaux sociaux, je pense surtout à instagram. J’ai d’ailleurs l’impression que l’on assiste à un engouement pour la mode (de manière générale) de plus en plus important ces dernières années. Jusque là pas de soucis, mais ces réseaux ont également un effet assez pervers : vouloir à tout prix faire comme les autres.

L’idée même de partager une passion commune est, je trouve, super stimulante et enrichissante mais si le résultat est un lissage des influences de chacun, cela perd tout son sens et sa force. Au final, on se retrouve avec des micro communautés composées de copycats de copycats… En gros tout le monde fait pareil que tout le reste du groupe (tout en se croyant totalement différent de la “masse“).

Inspiration ne veut pas dire copie pure et dure. Évidemment, s’inspirer et copier des personnes avec des styles qu’on apprécie n’est pas un crime, je ne suis pas la police du style, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais je trouverais ça dommage de ne faire que copier, ce serait comme s’enfermer dans le style de quelqu’un d’autre. Je pense d’ailleurs que copier, c’est un bon moyen pour apprendre et s’entraîner, mais ce n’est pas une finalité. C’est surtout intéressant au début je trouve pour se raccrocher à quelque chose de concret et de rassurant d’une certaine façon.

Le but final est quand même d’arriver à développer sa créativité et réussir à s’amuser, le tout dans un style personnel.
Donc attention aux réseaux sociaux, on a vite fait de se faire happer par toutes ses influences qui peuvent être autant bénéfiques que restrictives. Gardez votre esprit critique, je suis souvent le 1er à m’enflammer sur certaines choses mais il faut pouvoir garder les pieds sur terre.

Originalité jusqu’où aller ?

Et bien à vous de mettre votre curseur là où vous le souhaitez ! Il y a pas mal de paramètres qui rentrent en compte : vos envies propres, votre style, votre milieu professionnel, votre sensibilité face aux regards des autres et surtout le contexte dans lequel vont être portés ces vêtements.

Être original pour être orignal, ce n’est pas ce que je recherche, j’essaye d’avoir une certaine forme “d’authenticité”. L’originalité est avant tout pour moi et non pour les autres, j’essaye de me surprendre, de m’amuser et de m’émerveiller autant que possible ! Parce que cela me plaît, parce que j’aime créer, parce que cela m’apporte un certain plaisir. C’est avant tout une démarche personnelle et surtout qui me fait vibrer. La passion, c’est vraiment mon moteur personnel, sans, je ne ferais certainement plus grand chose.

Je pense donc placer mon curseur relativement “loin”, en tout cas suffisamment pour prendre du plaisir dans ce que je fais et ce que je veux créer sans pour autant totalement dénoter dans les environnements dans lesquels j’évolue. Ce curseur est évidemment variable et ce en fonction des situations ou même simplement de mon envie du moment, de mon humeur, je n’ai pas forcément envie d’être habillé tous les jours de la même façon.

La passion, moteur de la créativité

Je suis persuadé que le fait de se passionner pour un sujet ou une discipline, nous rend plus créatifs. En tout cas, elle nous force à aller plus au fond du sujet. Et à développer des composantes essentielles au développement de celle-ci. Comme par exemple, notre œil ou encore notre ouverture d’esprit.

La passion est pour moi, vraiment un facteur prédominant dans ma façon d’aborder les choses. Et donc d’aborder les vêtements. Elle m’entraîne dans des univers dans lesquels je n’aurais jamais imaginés plonger il y a peu.

Elle peut également être dévorante, on le sait tous. Un peu de raison ne fait pas de mal non plus. Afin d’éviter d’acheter tout ce qui nous passe sous la main. Au risque de se disperser et de regretter de nombreux achats. Encore une fois, il faut trouver l’équilibre (oui j’aime bien ce mot).

Une tenue simple tout en décontraction

Simplicité dans les détails

Commençons par le haut de la tenue, je porte une surchemise Ts(s). Label japonais dont j’avais brièvement parlé lors de mon dernier article. Takuji Suzuki fonde la marque en 1999. Son univers tourne essentiellement autour du vêtement militaire et de travail, qu’il essaye d’incorporer dans ses créations. Comme dans beaucoup de label japonais, il y a une vraie recherche sur les coupes, les matières et les couleurs. Personnellement j’aime beaucoup, il y a pas mal de pièces qui me font de l’œil !

La surchemise est dans un coton beige foncé et texturé, usé par le temps et les lavages. J’ai beaucoup de mal avec les matières très lisses, j’aime avoir de la texture, ça apporte vraiment du “micro détail” en plus que j’apprécie beaucoup. La coupe très typée japonaise, très courte qui amène pas mal de dynamisme à la silhouette et offre des possibilités en terme de layering.

La pièce en elle même est relativement simple et classique, elle est d’ailleurs très facile à porter et s’accorde avec beaucoup de pièces de ma garde-robe. La construction par contre n’est pas forcément très courante, les empiècements amènent juste ce qu’il faut pour éviter de se retrouver avec une énième work jacket comme on en voit partout.

Contraste dans le layering

En dessous de cette première couche, une chemise Uniqlo U à double poche poitrine. J’avais vraiment flashé sur la couleur et les poches au départ. A la réception, petite déception, le fit est parfait mais l’ouverture de manche est vraiment trop serrée… J’ai presque du mal à passer ma main quand je l’enfile.

Pour le coup, je ne comprends toujours pas le choix de design derrière cette pièce qui se veut loose mais dont les manches se resserrent beaucoup trop. Je l’ai très peu porté au début à cause de ce “soucis”, je n’ai pas forcément toujours envie de roulotter les manches (je le fais déjà assez souvent). J’ai fini par me décider il y a quelques temps à les raccourcir. Maintenant elle a des manches ¾ avec une fente et je trouve que ça colle beaucoup plus à l’esprit de la pièce que ce fit étriqué sur les poignets.

Aisance dans le fit

Pour le bas, je porte encore une fois mon denim TCB, que j’apprécie toujours autant. Je le porte très régulièrement. Il se délave tranquillement, on peut le dire, je ne suis clairement pas un ponceur de denim. Après je ne m’en plains pas, ça m’éviter de devoir le faire réparer tous les 6 mois. J’essaye de faire tourner mes pantalons, ça aide aussi niveau usure.

Cette coupe droite est toujours aussi confortable, difficile de revenir à des fits plus slim quand on a goûté au confort de ce genre de pantalon/denim. Ça ne m’empêche pas par contre de tester des coupes plus agressives mais tout aussi confortable, je pense notamment à mon Phi denim.

Ici encore une fois un fit “à la japonaise”, du volume sur le bas et un haut court et plus fitté. Une composante essentielle aussi de ce que j’aime dans l’approche des Japonais dans la sape, le confort et l’aisance. C’est vraiment un point clé dans ce que j’aime faire. Une sorte de ligne directrice que j’essaye de suivre depuis que je me suis passionné pour le vêtement. Le tout c’est d’arriver à une sorte d’équilibre entre confort et style.

Efficacité dans la colorimétrie

Une association de couleurs somme toute très simple mais pas moins efficace. Du beige, du marron et du bleu, ça ne peut que fonctionner, ce sont des couleurs assez complémentaires, à l’opposé du disque chromatique. J’adore la simplicité, je pense que vous commencez à le savoir pour ceux qui me lisent depuis le début. Mais j’essaye toujours d’avoir un petit truc en plus pour que ce ne soit pas trop simple et ennuyant (à mes yeux).

Ici ce layering de couleur sur le haut, du beige et du marron qui s’assemblent et créent pour moi un vrai plus visuellement. On pourrait discuter des heures des couleurs mais ce n’est pas vraiment le sujet de l’article, j’en reparlerai peut-être dans un autre article, car c’est aussi un élément que j’aime beaucoup et auquel je suis assez sensible.

Confort dans les kicks

Une paire de NB que j’aime beaucoup mais que je ne porte pas beaucoup. Cette tenue était l’occasion parfaite pour les ressortir ! Il s’agit des 990 V2 made in USA et dans un coloris “Winter Peaks”. Une paire que je trouve super efficace et un colorway que j’adore personnellement. Des sneakers avec une shape hyper agressive et certainement l’une de mes variantes préférées des 990 !

Petit détail que j’adore : le cuir marron sur le talon. Il fait un rappel avec la chemise, c’est vraiment le genre de petits trucs qui me font kiffer. C’est invisible pour tout le monde, en tout cas ça ne saute pas forcément aux yeux. Mais ça donne un vrai détail “travaillé”.

Quelques mots pour conclure

Laissez libre court à votre imagination, à votre propre sensibilité, à votre créativité, à votre passion ! Le style, comme je l’entends, se construit sur le long terme et demande expérience et créativité.

La copie a ses limites, ne soyez pas juste une pâle copie de votre voisin… Faites vous plaisir, c’est bien là le plus important 🙂

A bientôt,

Qube et Romi


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