Comment waxer une parka ?

Salut à toutes et à tous !

Aujourd’hui, grande question : comment peut-on waxer une parka ? et par extension d’ailleurs, tout type de tissu en coton ?

Il faut bien comprendre une chose : cirer (et/ou huiler) un tissu en coton est un moyen de le rendre imperméable. Certes, mais plus le tissage sera serré et plus l’opération sera efficace ! Car le but est double, déjà imprégner le tissu de la “mixture” et ensuite que celle-ci comble les trous du tissage. Plus ça sera le cas et plus le tissu sera imperméable. D’ailleurs après avoir waxé un tissu, il sera déperlant (voir plus bas), mais cette déperlance se perd assez rapidement, tout en gardant quand même une très bonne imperméabilité dans le temps.

Autre chose, ça rend le vêtement complètement coupe-vent. Il devient donc très précieux pour les périodes pluvieuses et venteuses.

Par contre il y a un inconvénient majeur : il n’y aura plus aucune respirabilité du tissu ! donc si vous marchez vite sous la pluie, ou si vous rentrez dans un lieu chaud, vous risquez une forte transpiration dans les secondes qui suivent.
En fait ça peut paraître un problème – et ça l’est – mais il faut peser le pour et le contre et se faire son avis. Le mien est fait : ce type de parka (qui a une doublure amovible qu’on ne voit pas sur les photos du tuto mais sur celles du look tout en bas) est devenue ultra polyvalente après son waxage. Je peux la mettre par tous les temps sans craindre la pluie ni le vent, ni le froid avec la doublure… Je m’arrange de sa non-respirabilité sans problème. Peut-être que certains d’entre vous préféreront des vêtements techniques, et grand bien vous en fasse ! Le but de cet article n’est pas de vous convertir ou de vous dire que c’est mieux que tout autre technique… je souhaite juste vous montrer que c’est possible à faire.

 

Comment ça marche ?

Il existe deux techniques “traditionnelles” pour waxer un tissu, le principe est le même, mais les ingrédients diffèrent un peu :

  1. le mélange cire d’abeille / paraffine (voire paraffine seule) : plus déperlant que l’autre technique mais moins efficace à mon avis. C’est le mélange par exemple utilisé par Fjallraven et sa cire “Greenwald”. L’avantage est qu’on peut en faire des pains (un peu comme un savon) et donc les transporter et les utiliser très facilement, l’inconvénient majeur c’est que la paraffine provient du pétrole…
  2. le mélange cire d’abeille / huile de lin bouillie / essence de térébenthine : un peu plus complexe à faire, moins déperlant mais plus efficace dans le temps. Et c’est naturel !

Là je parle de mélanges à faire soi-même, mais il existe évidemment des produits tout faits, comme la cire américaine Otto Wax, la Greenwald que j’ai cité plus haut et la fameuse huile Barbour.

Ici je vais vous parler du mélange n°2. Sachant que le principe est à peu près le même entre le 1 et le 2 : appliquer le produit et ensuite le chauffer pour imprégner le tissu.

Mais avant ça, voyons à quoi ressemble cette parka avant le traitement !

 

Les produits utilisés et la recette

  • cire d’abeille (2 parts)
  • huile de lin bouillie (1 part)
  • essence de térébenthine (1 part)

On peut utiliser tout type d’huile, mais le fait que l’huile de lin soit bouillie la rend plus siccative, donc sèche plus rapidement (et évite d’avoir un touché un peu gras une fois la wax appliquée). L’essence de térébenthine quant à elle permet à l’huile et à la cire de bien se liquéfier et de bien se mélanger, et ça permet donc une application bien plus aisée. Très honnêtement je ne crois pas que la térébenthine ait un intérêt quelconque sur l’imperméabilité, c’est juste un “liant” à la mixture finale.

ATTENTION, précautions d’usage : ce sont des produits inflammables, donc faites attention si vous utilisez une gazinière ! Et si possible faites-le dehors pour éviter tout risque d’incendie et d’effluves diverses (bon pour moi, mauvais exemple, je ne pouvais pas le faire dehors…)

Pour information, dans mes recherches sur cette technique ancienne d’imperméabilisation, j’ai vu des vidéos où les personnes ajoutaient des huiles essentielles pour que ça sente meilleur. Je n’ai personnellement pas testé, mais techniquement ça devrait marcher vu qu’on mélange des corps gras, les HE devraient se mélanger sans problème. Après sur ce que ça donne au final, je ne pourrai pas vous aider. ^^ Cela dit, personnellement j’aime l’odeur de la térébenthine (qui reste bien plus que la cire d’abeille ou l’huile de lin), donc pas besoin pour moi d’en mettre ^^

Voilà les produits :

Il me restait du mélange d’un ancien projet.

Pour pouvoir l’appliquer, il faut que ça soit liquide, il faut donc le chauffer au bain-marie. Au début ça met du temps, il faut d’abord faire fondre la cire d’abeille, une fois qu’elle est liquide, ajouter l’huile de lin et l’essence de térébenthine. Il faut bien laisser chauffer et bien mélanger afin que ça fasse un liquide parfait à appliquer.

On peut voir dans le bocal les bouts de cire d’abeille pas encore liquéfiés

On place la bête à waxer sur une bâche en plastique histoire d’éviter d’en foutre partout.

 

1ère étape : appliquer la wax

On prend des pinceaux (on peut aussi le faire avec des éponges) et on applique le produit sur le tissu. Moi j’avais une gentille demoiselle comme binôme, elle adore les DIY alors je l’ai embauchée… et j’avoue que ça va beaucoup plus vite à deux ^^

ça donne ça quand on a appliqué le mélange :

 

2e étape : chauffer la wax

Ensuite il faut chauffer la surface pour que le produit se mélange bien au tissu. On peut utiliser pour ce faire un sèche cheveux, personnellement j’utilise un décapeur thermique (vu que je n’ai pas de cheveux…), ça va plus vite mais attention si vous passez sur des parties où il y a du polyester (et autres fibres synthétiques), ça peut le faire fondre… (le scratch en haut de la poche n’a pas aimé…^^)

Voyez par vous-même ce que ça fait quand on chauffe le produit !

Sur la vidéo on peut voir qu’elle passe un peu trop vite le décapeur thermique, il ne faut pas hésiter à aller doucement pour bien faire fondre le produit et qu’il commence même à “sécher”, dans le cas présent ça nous a obligé à revenir aux endroits déjà chauffés (ce n’est pas du tout un problème sur le plan technique bien sûr), on peut aussi voir que parfois elle est un peu trop proche du tissu, avec un décapeur thermique il faut faire attention, ça chauffe très fort.
C’était sa première fois, donc je ne vais pas la blâmer !^^ (et je la remercie encore de m’avoir aidé <3)

Ensuite on continue, partie par partie…

On chauffe à chaque fois qu’on applique. On peut évidemment appliquer partout la cire et chauffer tout à la fin… en fait vous faites comme vous voulez !

L’important est de bien en mettre partout, en insistant sur les parties qui seront les plus à même d’être touchées par la pluie : la capuche, les épaules, le haut devant et haut du dos, les manches au niveau de l’intérieur (surtout si vous avez l’habitude de mettre les mains dans les poches) et surtout les coutures !

Petite astuce tout de même : ça prend un peu de temps et au fil du temps, les pinceaux se gorgent de produit et ça les rend moins efficaces… Je pense qu’il serait bon d’avoir plusieurs pinceaux pour faciliter l’application. Il suffit ensuite de les laisser tremper dans du white spirit pour virer le produit et de bien les laver/rincer pour pouvoir les réutiliser. Et bien sûr il faut que le mélange reste toujours un peu chaud pour qu’il s’applique facilement, donc ne pas hésiter à le remettre au bain-marie de temps en temps.

Admirez ce superbe portant, une relique de ma folle jeunesse quand je jouais de la batterie… ^^

Petit test d’imperméabilité rapide (doublé d’une qualité de vidéo déplorable^^)

Une fois que tout cela est fait, laissez sécher la parka 24 ou 48 heures.

Enfin une fois bien sèche et si vous le souhaitez – et suivant le tissu – vous pouvez brosser un peu le tissu pour l’éclaircir un peu. En effet la cire va assombrir le tissu, et avec les frottements d’utilisation, ça va créer des marques blanches, donc si vous voulez éviter un contraste trop fort, vous pouvez brosser la surface (attention, la brosse ne pourra plus être utilisée pour autre chose…).

 

Le rendu final

Et voilà le résultat :

On peut voir sur cette photo que le scratch a “fondu” à cause du décapeur thermique… faites attention à ça ! ^^

Sur ce tissu le rendu est pas ultra visible, mais quand la parka va vivre sa vie, ça va se patiner et donnera un look super beau au vêtement.

 

Petit bonus

D’ailleurs pour vous le prouver, j’ai décidé de faire quelques photos de la première parka que j’ai waxé il y a 3 ou 4 ans… Le tissu de base est différent (plus fin et plus clair), le rendu après waxage était donc différent, mais ça donne une idée 🙂

On voit bien la patine qu’a pris le tissu, on peut voir dans la capuche comment était le tissu à l’origine

Très belle patine après plusieurs années de port très régulier

 

Et maintenant un petit look

Voilà un petit look rapide avec la parka portée…

Je parle rapidement des autres pièces car la plupart ont déjà été montrées sur le blog : le jean est un Pure Blue Japan, les boots des Red Wing Iron Ranger qui ont été ressemelées avec des semelles de Red Wing Moc Toe (vous pouvez les voir dans cet article), et le pull est un classique de chez Carhartt.

Petite séance photo dans des sous sols de vieux bâtiments Vauban… ça claque !

Alors, oui, je sais, la parka peut paraître un peu grande. En fait ça ne me dérange pas du tout au niveau du corps. On peut éventuellement en débattre sur les manches, ce sont elles qui donnent ce rendu… mais les manches sont compliquées à retoucher car en plus il y a la doublure qui est fixée par des pattes. Un véritable casse-tête à modifier !

J’ai pris le parti de tout laisser tel quel. Ce qui me plaît c’est qu’en étant un peu large, je peux tout mettre en dessous sans être gêné le moins du monde, même un blazer avec des épaules structurées passe facile.

Pour finir, une chose est sûre : cette parka longue, chaude (grâce à la doublure) et maintenant waxée, est devenue une vraie armure contre le mauvais temps.

On peut voir que le velcro a morflé sous l’effet de la chaleur du décapeur thermique… je songe à le virer…

Et un petit peu d’histoire du patrimoine…

 

Voilà, j’espère que ce (très long) article vous a plu, ça m’a fait plaisir de l’écrire et de vous montrer cette technique bien DIY de rendre imperméable une toile de coton.

A bientôt pour de nouvelles aventures !